Un peu d'histoire, ça fait pas de mal :
Oui c'est moi, le "Petit Père Combes", qui ai viré les moines, les moinillons et les moinesses à coups de pied au cul ! Du curé, j'en ai bouffé, ça oui ! Alors ? Qu'est ce qui se passe en France ? Faut que je revienne claquer le beignet à tous ces culs-bénits, barbus, porteurs de croix, de kippas ou agitateurs de Coran ?
La religion, je connais : mon oncle était curé de campagne, et il m'a fait faire le petit séminaire à Castres. Après quoi, j'ai fait le grand séminaire aux Carmes à Paris. Et tout en latin, dominus vobiscum, amen ! Dieu merci, j'ai perdu la foi, et me voilà faisant des études de medecine. Et en avant, le radicalisme ! Ministre de l'Instruction en 1895-1896, au temps où "instit", ça voulait dire quelquechose, et président du Conseil en juin 1902, juste après le noble Waldeck-Rousseau des nobles lois sur le presse, le syndicalisme et la grève. Et là, l'expulsion des congrégations ! Deux mille cinq cents congrégations et établissements d'enseignement religieux foutus à la rue ! Autre chose que les lois Debré, ah ah ! Les dragons qui cassent les portes à coup de hache, et dehors toute la canaille tonsurée ! Rupture des relations diplomatiques avec le Vatican. Très bien. C'est pas un pape qui va faire la loi. Même si c'est le brave pape Léon XIII, "le pape du suffrage universel", pas le pire, vraiment, plutôt social même. De toute façon, rien de plus faux-cul qu'un curé. Abolition du Concordat de 1801, proclamation de la laiberté de conscience, libre exercice du culte et séparation de l'Eglise et de l'Etat. Fin de la subvention des cultes. Désormais, tous les biens de l'Eglise sont propriété de l'Etat. Non, mais...
Ca puait la soutane en France, fallait aérer tout ça. Quand je pense que des évêques siégaient de droit au Sénat ! Comme s'il n'y avait pas assez de bigots dans le patronat ! En 1882, école primaire gratuite. En 1884, autorisation du divorce. Et en 1905, loi de séparation. Préparée par moi. Article I : "La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre excercice des cultes." Sutout le vaudou. Article 2 : "La République ne reconnaît, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte." Même pas le vaudou.
La démocratie ne supporte pas la religion. La démocratie, c'est le gouvernement des hommes. La religion, celui de Dieu. La démocratie, c'est aujourd'hui. La religion, c'est après la mort. Tiens, je vous fais une proposition de loi, les petits jeunes : la séparation du libéralisme et de l'Etat. Pas mal, non ? On a vu ce que ça donnait le mélange de l'Etat et de l'économie en Russie... Il est temps d'expulser les libéraux des cerveaux !
Oncle Bernard, Charlie Hebdo n°702 du mercredi 30/11/2005.